
Sekyiwa Shakur porte le surnom « Set » depuis l’enfance, celui-là même que Tupac glissait dans ses morceaux. Réduire son parcours à ce lien fraternel revient à ignorer une trajectoire construite sur l’activisme, la gestion d’un héritage complexe et un positionnement public qui dépasse largement le cadre du hip-hop.
Tupac Amaru Shakur Foundation : le pivot vers la santé mentale des jeunes

La TASF (Tupac Amaru Shakur Foundation) a connu un repositionnement stratégique sous l’impulsion de Sekyiwa. La fondation ne se limite plus à la préservation de l’héritage artistique de Tupac. Elle porte désormais des programmes de bien-être émotionnel et de guérison des traumatismes destinés aux jeunes racisés.
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Ce volet santé mentale reste quasiment absent des articles francophones sur la famille Shakur. La plupart se concentrent sur le procès lié à la succession ou sur le lien biographique avec Tupac, sans documenter le travail concret de la fondation.
Sekyiwa a orienté la TASF vers la justice sociale et le deuil, deux sujets qui résonnent directement avec sa propre histoire. Perdre un frère assassiné, puis une mère (Afeni Shakur, décédée en 2016), a nourri une approche où le traumatisme familial devient un levier d’action collective. Pour mieux comprendre l’histoire de la sœur de Tupac Sekyiwa Shakur, il faut regarder au-delà de la chronique familiale et examiner ce qu’elle construit.
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Sekyiwa Shakur au Hollywood Walk of Fame : un rôle de référente officielle

Le 7 juin 2023, lors de l’inauguration de l’étoile de Tupac sur le Hollywood Walk of Fame, c’est Sekyiwa qui a prononcé le discours principal. Pas un manager, pas un collaborateur musical, pas un autre membre de la famille. Elle a reçu symboliquement l’étoile devant les caméras.
Cette cérémonie a entériné publiquement sa position. Depuis, les organisateurs d’événements liés à l’héritage Shakur la présentent systématiquement comme « Sekyiwa ‘Set’ Shakur, keeper of his legacy ». Ce titre officieux structure toute la communication autour de la mémoire de Tupac.
Apparitions en dehors du périmètre hip-hop
Son image a franchi les frontières de la culture rap. Sekyiwa est apparue dans un stade de baseball majeur, ce qui signale un glissement vers la culture populaire américaine au sens large. Cette visibilité élargie consolide sa crédibilité comme interlocutrice sur les questions d’héritage culturel, pas seulement musical.
Sekyiwa Shakur et le procès contre l’exécuteur testamentaire : les enjeux juridiques
En 2022, Sekyiwa a intenté une action en justice à Los Angeles contre l’exécuteur testamentaire de la succession de leur mère Afeni Shakur. L’accusation portait sur un détournement de fonds chiffré en millions, selon Billboard qui a couvert l’affaire.
Les griefs ne se limitaient pas à l’aspect financier. Sekyiwa reprochait aussi à l’exécuteur testamentaire d’avoir refusé de restituer des objets personnels de Tupac, notamment ses disques d’or. Ces pièces avaient, selon elle, une valeur sentimentale considérable.
- Détournement de fonds issus de la succession d’Afeni Shakur, avec des montants qualifiés de « millions » dans la plainte
- Rétention d’objets personnels de Tupac (disques d’or, souvenirs familiaux) par l’exécuteur testamentaire
- Action portée conjointement avec la Fondation Tupac Shakur, ce qui lie le combat juridique à la mission de préservation de l’héritage
Ce procès illustre une réalité fréquente dans la gestion des successions de célébrités : les proches doivent se battre juridiquement pour récupérer ce qui leur revient. Sekyiwa a choisi la voie judiciaire plutôt que la médiation privée, rendant l’affaire publique.
Filiation Shakur et activisme : un héritage politique familial
Réduire Sekyiwa à « la sœur de Tupac » efface un contexte familial profondément politique. Afeni Shakur, leur mère, était une militante de longue date du parti des Black Panthers. Assata Shakur, marraine de Tupac, figure sur la liste des personnes les plus recherchées par le FBI et vit en exil à Cuba après s’être évadée de prison.
Lumumba Shakur dirigeait la section de Harlem des Black Panthers. La famille Shakur incarne plusieurs générations d’activisme radical aux Etats-Unis. Sekyiwa s’inscrit dans cette lignée, avec des moyens différents mais une même orientation vers la justice sociale.
Engagement lors des manifestations pour George Floyd
En 2020, Sekyiwa participait aux manifestations pour George Floyd en Californie. Elle s’est effondrée lors d’un rassemblement et a été évacuée par des proches. Cet épisode, relayé sur les réseaux sociaux, a rappelé la dimension physique et émotionnelle de son engagement.
- Participation active aux manifestations de 2020 en Californie, dans la continuité de l’activisme familial
- Direction de la TASF avec un axe justice sociale et santé mentale pour les jeunes
- Prise de parole publique régulière sur les questions de deuil, de traumatisme et de résilience communautaire
Sekyiwa ne reproduit pas l’activisme de sa mère ou de sa marraine. Elle l’adapte à un contexte où la santé mentale et le bien-être émotionnel sont devenus des enjeux centraux pour les communautés afro-américaines. Son parcours relie trois générations d’engagement Shakur, du militantisme armé des Panthers à la guérison collective par la fondation.
Le nom Shakur reste associé à Tupac dans l’imaginaire collectif. Sekyiwa construit une autre lecture de ce nom, ancrée dans le travail de terrain et la représentation officielle d’un héritage qui ne se résume pas à la discographie de son frère.